Interview CFA
Ceux qui ont eu l'occasion de discuter avec CFA savent que son but n'est pas d'être une STAR même s’il en a l’étoffe et le talent. Le but de notre artiste est de montrer que les rêves sont réalisables quand ils
deviennent des objectifs.
Très ambitieux, CFA n'a attendu sur personne pour faire ce qu'il aime...
TOP INSTRU: Bonjour CFA, Dis-nous par rapport à ton parcours, comment es-tu venu à la musique ?
CFA: En fait moi c’est CFA, artiste dans la vingtaine, d’origine Camerounaise et Gabonaise. Je suis arrivé en Europe vers 2004-2005 si je ne me trompe pas, et en arrivant là j’ai eu un peu de mal à m’intégrer. J’ai commencé la musique tout à fait par hasard.
Il y avait dans mon quartier un centre de loisir où tous les jeunes du quartier se retrouvaient. J’ai commencé par enregistrer ce que faisaient les autres et petit à petit je me suis retrouvé derrière le micro. Je n’ai pas pris ça comme si j’avais du talent, mais plutôt dans le sens « faire de la musique pour s’amuser ». J’étais vraiment nul, et j’ai énormément travaillé, j’ai passé des heures à écrire. J’allais dans un studio avec un groupe Accent Grave, mais au final je suis parti en solo tout à fait par hasard aussi.
Un mec qui avait son home-studio m’a repéré, lui aussi était amateur, il n’a pas fait d’école, il a appris a utiliser Pro-Tools, Cubase, Reason, tout ce bordel là tu vois, il avait 600francs par mois mais tout les mois il achetait du nouveau matos et c’était la passion qui nous faisait bouger tu vois.
TOP INSTRU: Quelles sont tes influences musicales ?
CFA: Elles sont diverses mais ça commence vraiment par la vie, ensuite ça se transmet par mes émotions, par ce que je ressens, par mes humeurs, mais je n’ai jamais été vers un style musical. C’était plutôt pour l’artiste, comme Mickael Jackson, Whitney Houston, Otis Redding , mon artiste préféré Marvin Gay, niveau rap -hip hop j’ai toujours bien aimé Booba.
TOP INSTRU: Est-ce que ça t’as influencé ?
CFA: Artistiquement ils m’ont un peu influencé mais humainement parlant on va dire que ce sont des artistes qui sont parti de rien, et ils y croyaient. C’est plus ça qui m’a influencé, c’est ça qui m’a donné la force d’entreprendre tout ce que j’ai fais jusqu’ici si tu veux. Après j’vais dire que je suis quand même un peu plus influencé par Booba parce que je pense un peu comme lui, j’ai un peu la même vision des choses, après la personnalité n’est pas la même, et je dois dire que même au niveau texte je le rejoins énormément, tout en ayant des façons différentes d’aborder les choses.
TOP INSTRU: Comment t’y prends-tu pour écrire tes paroles? Tu es inspiré plutôt la nuit, en studio, comment te mets-tu en conditions ?
CFA: Franchement les mecs qui te disent des conneries pareils c’est pour se donner un genre tu vois. Là par exemple j’marche dans la rue, j’vais à un rendez-vous, ça peut me prendre comme ça « j’écris dans ma tête », j’arrive à retenir ce à quoi j’ai pensé, et dès que j’arrive au studio ou chez moi je note. Après c’est assez particulier dans le sens ou les idées partent comme ça sans me prévenir en fait. Ca peut être une personne que je vois, ça peut être une musique que j’entends qui déclenche le processus, parce que c’est tout un processus, des fois même, je n’’écris pas pour garder forcément les paroles, mais c’est pour moi un peu comme un entrainement.
TOP INSTRU: Et par rapport à des concerts, as-tu appris en voyant des concerts ?
CFA: Honnêtement, des concerts j’en ai vu très peu. Mais, Fifty cent et Eminem passent bientôt en Suisse donc celui là j’irai l’voir. Et là ce que j’vais faire c’est tout simplement apprendre, parce qu’on apprend en regardant aussi.
TOP INSTRU: Est-ce que tu es dans une démarche d’écoute de soi, de ressenti ?
CFA: Pour mes concerts je ne me prépare jamais avant, je tourne avec pas mal de DJ, et c’est assez marrant comment le feeling passe immédiatement. On a pas besoin de se voir pour faire des répétitions. J’fonctionne beaucoup à la vibe tu vois.
J’aime bien quand rien est préparé en fait, que les choses se passent de manière inattendues. Il faut que je sente la chose que se soit en studio, que se soit en concert, peu importe le défi, il faut qu’au fond de moi j’me dise peu importe j’irai au bout du truc.
TOP INSTRU: As-tu recours à une méthodologie d’écriture en particulier?
CFA: En fait, j’ai développé un fonctionnement. Tu vois par exemple quand tu m’as envoyé 2 prods du site topinstru; pour savoir si elle est pour moi, ce que je fais c’est que j’la laisse tourner et au bout de la 3ème écoute si j’ai une phrase qui vient, une phrase qui veut dire quelque chose de fort, alors je me l‘approprie. Mais en fait j’écris constamment dans ma tête, pour te dire même en club pendant que les autres font la fête j’écris dans ma tête. J’essaie de m’amuser parce que j’adore faire des jeux de mots.
TOP INSTRU: Donc tu joues plus avec mots et après tu trouves la mélodie ou alors à l’inverse t’essaies de trouver la mélodie qui va avec les mots?
CFA: J’reçois énormément de prods, donc j’ai souvent déjà les textes. Je laisse tourner la prod et j’adapte le flow à la prod, et j’adore ça. J’aime bien donner du spectacle, il faut quand la personne m’écoute, même si c’est un morceau à thème, qu’elle bouge la tête, qu’elle me dise « ça c’est bon! » tu vois comment!
Dans tout ce que je fais en musique, j’essaie d’apporter un style, un style qui est propre à moi. Et j’peux te dire aujourd’hui que je suis satisfait d’une chose; c’est que les gens qui écoutent ma musique, qui aiment ou qui n’aiment pas ma musique, au final ils ne peuvent que dire « Ca c’est du CFA!!» et c’est vraiment quelque chose que j’ai voulu créer dès le départ, avoir mon style, ne pas faire comme les autres, j’ai besoin de raper comme je le sens et après t’aimes ou t’aimes pas.
Par exemple, je sors ma mixtape avec plusieurs titres complètement différents et j’en donne pour tout les goûts. De façon un peu égoïste à la base je pars sur « je fais ce que j’ai envie de faire ». Certaines personnes trouveront ça un peu commercial mais quand il y a des producteurs, des personnes du milieu qui investissent financièrement et donnent de leur temps, à un moment donné on espère tous croquer tu vois.
TOP INSTRU: Pour ce qui concerne la partie vocale et la performance physique, tu t’entretiens de quelle façon ?
CFA: J’essaie de m’exercer, d’exercer ma voix, et à un moment j’ai enchainé pas mal de concert,. J’ai remarqué sur scène, à part raper, à part chanter, que tu bouges, tu essaies de donner vie à la scène. Et j’ai remarqué que ça m’essoufflait très vite. Donc un marchant je rap. J’ai commencer à courir, je fais des exercices de respirations (rythmes, blocage de respiration etc.). Courir de temps en temps est important.
TOP INSTRU: T’as souvent le traque ?
CFA: Ouais!! ça tu vois c’est des trucs pour lesquels j’essaie de comprendre comment je fonctionne. Les 15 dernières minutes avant de monter sur scène j’ai toujours une angoisse que le micro ne fonctionne pas, je n’ai pas réellement le traque pour ma performance scénique. J’me demande parfois si le public va être réactif.
Tout artiste qui fait des concerts à la peur que la voix disparaisse, que le son ne sorte plus, ça c’est le cauchemar de tout artiste. Je flippe de ça à chaque fois tu vois, je tiens le micro et j’me dis « Putain! Je n’espère pas quand j’vais pousser une note que plus rien ne sort ».
TOP INSTRU: Quels retours de tes concerts as-tu pu constater, recevoir ?
CFA: Si tu poses la questions à des personnes qui sont venus voir mes concerts, mes show case, ils vont te dire « Ce mec il fait le show! ». Finalement quand je suis en studio j’espère toujours que je ferai des concerts, et une fois que j’ai les dates j’essaie toujours de donner mon maximum. Chaque date, chaque show case, chaque concert, j’aborde ça comme si c’est du nouveau, comme si j’en ai jamais fait avant, comme si j’en aurais plus après, alors finalement j’me donne à 300%, et personnellement j’adore être sur scène. Dès fois même j’ai pas envie de lâcher le micro. Ce que je fais aujourd’hui, avec des managers ou sans, mon optique d’aborder la musique n’a jamais changée. C’est-à-dire, me surpasser même si je n‘ai pas de concurrence directe.
J’essaie d’être meilleur à chaque musique, chaque son que j’entreprends, que se soit au niveau technique que se soit au niveau textuel, j’essaie toujours d’être meilleur dans ce que je fais et d’aborder tout ça avec beaucoup de légèreté, sans m’prendre trop au sérieux, parce que j’me dis qu’il y en a qui se prennent trop au sérieux et qui n’atteindront pas la trentaine tu vois. Et j’ai remarqué un phénomène dans le hip-hop que je trouve un p’tit peu débile, c’est que les mecs essaient tous d’être le dernier Fifty-cent, le dernier Alpha 5-20, moi finalement j’en ai rien à foutre que le mec soit ghetto ou pas, c’qui m’intéresse c’est la musique.
Ce qui m’intéresse c’est que la musique te parle, après que le MC ai tabassé des gens, braqué des gens, j’vois pas quelle gloire il en tire de raconter ces conneries là. Quand tu te rends compte que tu prends du plaisir avec ta musique c’est là que tu donnes le meilleur de toi en fait.
TOP INSTRU: Tu pourrais nous donner une anecdote scénique?
CFA: Ah ouais! Carrément! Y’avais la tournée de Booba et j’ai fait la 1ere partie.
J’m’attendais pas à ce que les gens viennent aussi pour moi. Le matos fonctionnait pas trop, problème de réglage, de platine, bah qu’est-ce que j’ai fait, j’ai commencé à chauffer la salle tu vois. J’ai ambiancé le truc. C’était vraiment affronter le problème comme il est.
TOP INSTRU: Quelques mots de fin d’interview pour les lecteurs et pour ton interview Top Instru ?
CFA: La chose la plus importante à mes yeux c’est « fait ce que tu as envie de faire! » . En exemple: quand on m’envoie une prod, la 1ere impression est toujours la bonne. Base-toi toujours sur ce que tu ressens . Toujours donner le meilleur de soi que ce soit un free style , une compile, ne pas écouter forcément ce que les autres te disent. Suivre son instinct, ne pas se dire, faut que je fasse ci parce que c’est ça qui marche etc. Se surpasser soi-même pas en concurrence avec les autres, faire toujours mieux que t’ais les moyens ou pas.
Au lieu d’attendre après quelqu’un, j’ai travaillé, j’ai mis beaucoup de choses de côté. Donc n’attends pas après les autres pour entreprendre tes projets, si t’attends après les gens tu feras jamais rien de ta vie. De la volonté! Le talent c’est comme une plante tu vois, tu dois l’arroser, tu dois bosser.
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